lundi 16 novembre 2015


                             ○ L'Esprit du blog                                       ○ Qui est Suzelfe ? 
                                     ○ Les références                         ○ Mon atelier de reliure
Tous les articles sont rattachés à une ou plusieurs catégorie(s) spécifique(s). Vous les trouverez répertoriées dans la colonne de droite. Cette dernière se rapporte globalement au contenu du blog. La colonne de gauche quant à elle contient mes coups de coeur en tout genre. Une sélection de musique, de liens vers des films, de sites d'amis ou d'artisans à découvrir... En vous souhaitant bonne visite et avec elle, espérons, une petite part d'évasion :)


Image : "The Green Man Awakens", Phil McDarby.

dimanche 28 décembre 2014

Paris

Quartier Montmartre (photo : julie70.blogspot.com)

Whouah, quel rythme de folie ! =D Tout juste revenue (avant Noël) de mon stage à la BnF, avec des images et des souvenirs plein la tête... J'ai passé une excellente période, bien que très fatiguante. De nombreuses sorties, que ce soit avec mes tantes ou avec Juliette Glorfinn : Musées, expos (Truffaut, le Pérugin, Niki de Saint Phalle, Studios Ghibli, les Borgia, expos BnF), promenade à Montmartre, soirées cinéma (Magic in the Moonlight, Mommy, Interstellar, Astérix), la comédie française (textes de René Char), l'opéra Garnier (La Source), orchestre symphonique à Pleyel, sans oublier les monuments incontournables de la capitale que j'ai eu l'occasion de revoir le dernier week-end avant mes vacances en compagnie de Jean-luc et Charlène qui sont venus me voir pour un très beau moment passé ensemble. J'ai l'impression d'avoir fait tout ce qu'il y avait à faire sur Paris en l'espace d'un mois et demi, bateau mouche compris :p

Mon stage en lui-même a été, bien évidemment, passionnant. J'ai pu consulter de nombreuses merveilles telles que le livre des Grandes Heures d'Anne de Bretagne ou les manuscrits de Victor Hugo parmi d'autres ouvrages anciens et rares... Mais aussi et surtout, j'ai pu réaliser (entre autres) ma première vraie restauration de A à Z sur un livre du 18ème siècle.




Vous pouvez voir les photos de tous mes travaux et des ouvrages consultés sur mon blog reliure, sections "BnF" et "Livres rares".
L'ambiance était très sympa dans les ateliers. On est tous redevenus des gamins au moment de la mise en place du sapin de noël (au pied duquel j'ai laissé des chocolats et un petit mot pour mon chef d'atelier avant de partir ^^). Une collègue avait récupéré un petit renne qui chantait "I Wish You a Merry Christmas" en secouant la tête à chaque fois que quelqu'un lui pressait la patte... Certains rampaient alors jusqu'au sapin et le réveillaient, juste pour le plaisir d'énerver les collègues, avant de repartir se cacher. ^^

Au début du stage, je doutais beaucoup de moi vis à vis de ma relation avec les collègues. La perspective de devoir passer 6 semaines à Paris m'a quelque peu... perturbée O.O J'avais la sensation, non seulement de débarquer sur une toute autre planète, mais aussi de ne pas montrer suffisamment mes émotions et de donner l'image d'une personne qui se foutait royalement de tout ce qu'on pouvait lui montrer. J'ai évoqué brièvement le sujet avec mon chef d'atelier, en m'excusant de ne pas parler beaucoup et de ne pas m'exprimer, pour comprendre que, finalement, il ne s'en plaignait pas du tout... Je me suis sentie un peu bête après m'être rendue compte que j'étais même appréciée par certains pour mon calme et ma réceptivité. Comme quoi, quand on est préoccupé(e) par quelque chose, il arrive rapidement qu'on se fasse de mauvaises idées sur l'image que l'on peut donner ;-) Je suis soulagée, dans tous les cas, que ça ce soit aussi bien passé et d'avoir fait bonne impression dans le métier. Je crois que ma première bonne résolution de 2015 sera d'arrêter d'avoir peur de moi-même. 

Je suis heureuse d'avoir des tantes comme les miennes, qui se rendent toujours disponibles et disposées à m'héberger, me faire rire et me conseiller. Elles qui, par ailleurs, financent mes études et mon loyer depuis le CAP. Contente aussi de rentrer chez moi et de retrouver ma verdure (et mon chat) ^^

Passez de joyeuses fêtes de fin d'année !


jeudi 7 août 2014

Ni le premier, ni le dernier.




J'ai lu cette info rapidement hier et étrangement, j'ai eu du mal à retrouver l'article aujourd'hui... comme s'il était très vite rentré au placard. Bref.

Sans vouloir mettre l'accent sur ce qui est en train de se passer en Inde au risque de paraitre très légèrement irritée et de passer pour une femme engagée dans un quelconque mouvement féministe à deux sous dont les médias raffolent et qui ne correspondent pas à mon point de vue, j'ai juste envie de soulever la tristesse du fait d'être obligée d'en arriver à la mutilation pour gagner le droit d'être tranquille de manière définitive. Etre obligée de dissimuler une arme tranchante sur soi en permanence et d'être prête à s'en servir à cette fin, répondre à la violence par la violence... mais cette utime solution, je dois dire que ça faisait un petit moment qu'elle occupait déjà le fond de ma pensée et je m'étonnais même qu'elle ne se soit pas propagée davantage... Mais il semblerait que les choses évoluent. Je n'arrive pas à être choquée par un tel recours. Je me vois même soulagée de voir que les jeunes indiennes prennent le problème à bras le corps (si je puis dire) et fassent justice elles-mêmes lorsque c'est effectivement devenu nécessaire. Lorsque des hommes, profondément malades, ne se reconnaissent pas comme tels, ne se font pas soigner, et continuent de traiter les êtes humains dotés d'une paire de seins (communément appelés "femmes") comme de la merde. 

Les femmes doivent se défendre, seules ou avec l'aide d'hommes dignes de ce nom, et non pas compter sur les lois pour le faire à leur place. Aucun de leur droit n'est hélas définitivement acquis. Et qu'on se le dise, les hommes et les femmes n'ont jamais été ennemis et ne doivent en aucun cas le devenir. Qu'on soit homme ou femme, les problèmes existentiels nous concernent tous.

Image : ici

dimanche 3 août 2014

Juillet au jardin


Je ne sais pas pour vous mais le mois de juillet, en Normandie, a été particulièrement ensoleillé ! Ce qui m'a permi de bien profiter du jardin :) Je suis actuellement en train de me construire un petit potager médiéval, avec bordure en branches de noisetier (à défaut de ne pas avoir assez de chataigners). C'est long, car il faut énormément de branches, ce qui m'oblige à maltraiter mes noisetiers ^^ mais le rendu est déjà très sympa. J'ai envie de manger des légumes primeurs, et comme j'ai tendance à diminuer nettement ma consommation de viande, ça peut valoir le coup. Depuis le temps que je pensais m'y mettre, j'ai enfin trouvé le temps pour ça. 

Il y avait plein de boulot à faire au jardin. J'ai taillé le bois, fauché le petit champ derrière la maison, installé une pergolas pour mes rosiers, repeint la rambarde de mon escalier extérieur ainsi que des palettes en bois pour faire une table basse de fortune. On a investi dans un petit braséro pour des soirées au coin du feu :) On profite de la nouvelle terrasse aux petits déjeuners et pour siroter pendant les pauses après avoir bien travaillé. Et durant les après-midis trop chaudes, je me replonge dans le cinquième tome d'Harry Potter (c'est reparti) ou bien j'écris mon troisième livre sur un petit fond de musique... mon pauvre petit roman qui n'avait pas réussi à avancer beaucoup jusque-là ^^. Il y avait bien longtemps que je n'avais pas profité autant de mes vacances, sans être préoccupée par l'année qui va suivre. Je sais qu'en temps normal, j'aurais dû trouver un boulot pour les deux mois, mais je m'y suis pris trop tard et je n'arrive même pas à le regretter, tant ces vacances me sont bénéfiques et me permettent de me rendre utile d'une autre manière. De toute façon, je ne me sens pas capable de faire autre chose que de la reliure et tout boulot au contact de la foule en est encore à me faire paniquer... je crois que ça ne se calmera pas avec l'âge, hélas ^^ C'est comme ça.

Au mois d'août, nous avons programmé une journée accrobranche avec des amis et une soirée au Mont Saint-Michel pour visiter l'abbaye de nuit, avec ses jeux de lumières et ses musiques d'ambiance... ça va être sympa :) Je dois aussi travailler sur mon projet de fin d'étude. Après le carnet de tendance sur la Comté (voir mon blog reliure), je vais devoir penser à la reliure finale. Il y a du pain sur la planche. 

Ah oui, et je vais hériter à la fin du mois d'un combiné presse-étau de reliure et d'une cisaille à papier par mon maître de stage de Dinan qui se débarrasse du matériel de son ancienne collaboratrice, ce qui va enfin me permettre de pouvoir travailler chez moi ! :)


image : aquarellissime.net

mercredi 23 juillet 2014

dimanche 26 janvier 2014



A vouloir être trop ouvert, on se ferme des portes. Celles des choses simples et accessibles. C'est un peu comme tomber dans le "cliché" de l'originalité. On assèche notre sève brute, notre spontanéité, on ne sait plus quel chemin prendre pour se démarquer. Pourquoi l'être humain ne peut-il pas se contenter de briller, avec autant de simplicité et de beauté que le soleil lui-même lorsqu'il se lève ?

Suzelfe.
Image : Megatruh - "Halls of Thranduil"


samedi 7 septembre 2013

Reprise


Ma première année de BMA Reliure-dorure s'est entamée mardi dernier au Lycée Cornu. Nous sommes 8 élèves (ce qui est peu), avec parmi nous une nouvelle tête à dreads :) Nous avons déjà démarré le programme sur les chapeaux de roue, des journées assez chargées dont une de 9 heures. 

Le gros projet de cette première année consiste en la réalisation d'un carnet de tendances pour une reliure qui sera réalisée l'an prochain, en fin d'étude. Nous devons choisir un thème (une discipline, un lieu... fictif ou réel), et répertorier dans un carnet tous nos essais de matières, de matériaux, de couleurs en rapport avec ce thème. Des matières et des couleurs qui seront utilisées dans la conception finale de la reliure en rapport avec notre thème. Nous devons introduire ce carnet de tendances par un texte s'inspirant du style de Philippe Delerme dans "La première gorgée de bière". Un texte qui devra évoquer une sorte de souvenir et amener le jury vers le thème.

Mon choix n'est pas encore tout à fait arrêté, mais je pense que mon thème tournera soit autour de l'univers d'Harry Potter, soit de celui des hobbits ^^. Ce sont les premiers qui me sont venus à l'esprit, ceux qui m'inspirent le plus. Reste à me décider. Le Chemin de Traverse, Poudlard, un terrier de hobbit, Honeydukes... ?

Sur les deux ans à venir, nous devrons aussi apprendre à situer chronologiquement de vieilles reliures abîmées pour savoir de quels matériaux elles sont constituées et comment les réparer dans le respect des procédés utilisés durant la période correspondante. Je viens d'ailleurs d'entamer la restauration d'un "pavé" 18ème avec Mr Kunz, pour l'un de ses clients.
On devra réaliser des reliures d'époque (17ème, empire, romantique) et contemporaines, des reliures plein cuir, des tranchefiles cousues main et des techniques de vieillissement et de décoration des cuirs. Des cours de gestion et d'histoire de l'art aussi... Tout un programme ! =D

En parallèle, histoire de me sortir un peu pendant la semaine et voir autre chose que des livres, des livres et des livres, je viens de m'inscrire au cercle d'escrime de Lisieux, enfin :) Mon premier cours aura lieu vendredi soir. Le maître d'armes m'a laissée regarder une séance avec des adultes pour voir comment ça se déroulait. L'échauffement collectif à lui seul a duré plus d'une demi-heure... Va falloir s'y remettre :p



Première photo : le fleuron du cuir.

lundi 29 juillet 2013

été 2013


   Déjà un mois et demi de vacances passé, mais entre les sorties et les recherches de petits boulots, je n'ai pas eu beaucoup de temps pour reprendre mon blog à tête reposée ^^. Entre temps, j'ai obtenu mon CAP Reliure d'art avec une note globale de 17/20 (Yahouuu !) :-] Je vais donc poursuivre l'an prochain à l'atelier de reliure du Lycée Cornu pendant deux années consécutives, et passer le Brevet des Métiers d'Art option "art de la reliure et de la dorure".

  Pendant cette première moitié de vacances, j'ai eu l'occasion de me rendre dans le sud de la France avec des amis, et entre autres Solenne et Pauline. On a eu un temps magnifique, et malheureusement, des gros coups de soleil. Mes jambes ont littéralement brûlé. Je ressemblais un peu à la tante Marge dans le troisième film d'Harry Potter, lorsque ses pieds gonflent comme des ballons ^^. On a eu l'occasion de visiter, entre autres, le palais des bonbons et du nougat de Montélimar (avec toute une chronologie des différents jouets et bonbons appréciés depuis les années 1900 jusqu'à nos jours ^^), la ville d'Avignon (où j'ai assisté avec Solenne à une représentation théâtrale de l'un de ses acteurs préférés, Thierry Redler). 


   Nous avons aussi été à la grotte d'Aven d'Orgnac avec ses splendides stalagmites. Comme la température extérieure se situait aux alentours de 38-40°, et celle de la grotte de 11°, nous avons particulièrement apprécié cette visite souterraine. On a également parcouru les gorges de l'Ardèche en canoë en passant sous le Pont d'Arc. C'était vraiment sympa, même si Pauline et moi avons un peu fait du ping-pong entre les rochers après être tombées de notre embarcation. ^^ Nous avons logé dans un grand gîte pour six, dans le vieux village d'Alba-la-Romaine, avec son théâtre antique et son site archéologique. Bref, un début de vacances très sympathique.

   La semaine dernière, je suis entrée pour la première fois aux archives départementales pour aider ma tante dans ses recherches généalogiques et aussi pour voir comment ça se passait. J'ai adoré ce travail de fouineuse à la recherche de l'histoire de nos ancêtres à la période de la révolution. J'ai passé plus de deux heures à observer de vieux registres d'états civil parfois difficiles à décrypter et des plans napoléoniens (c'est comme ça que j'ai appris que la maison de mes parents était déjà construite à cette époque là ^^). Je n'ai pas pu y être longtemps, malheureusement, mais je compte bien y retourner très vite pour poursuivre les recherches.


mercredi 24 juillet 2013

Du rêve pour les yeux et les papilles ! Pendant les vacances d'avril, j'ai eu l'occasion de visiter un lieu d'exception, situé dans la Manche, en Basse-Normandie. Un univers (un peu carton-pâte, certes) où le temps avait semblé s'être arrêté l'espace d'une après-midi ensoleillée. Un endroit décoré à l'image d'une boutique du début du XXème, envahie d'une délicieuse odeur de beurre et d'amande. Cet endroit, c'est la Maison du biscuit, implantée à Sortosville-en-Beaumont. Un savoir-faire gourmand qui a su se perpétuer depuis 5 générations.

De l'extérieur, la boutique est agencée comme une rue à l'ancienne, avec en apparence plusieurs boutiques aux façades d'antan qui s'avoisinent dans une farandole de couleurs vives. Il faut entrer à l'intérieur par la porte principale de style Art déco pour se rendre compte qu'il s'agit en réalité d'une seule et même boutique compartimentée. Là-bas, les biscuits maison sont confectionnés sur place, en temps et en heure, selon la demande, ce qui explique les effluves de poudre d'amande et de beurre fondu en permanence, et c'est un vrai délice ^^. A l'intérieur de la boutique, nous retrouvons le décor à l'ancienne, sur différents espaces, avec de vieilles photos encadrées sur les murs, de vieux comptoirs en bois, une grosse caisse enregistreuse, un plafond avec des poutres. Cuisine salée ou sucrée, des produits normands mais aussi des produits du terroir français. Des confitures, de la vaisselle anglaise, du thé, des épices, des chocolats, du vin, de la pâte d'amande, des bonbons et surtout les biscuits maison (financiers, cookies aux éclats de caramel d'Isigny, sablés diamants) qui ont fait la réputation de la maison Burnouf depuis 1903. A l'époque, l'arrière grand-père ne possédait qu'une petite boulangerie où il a mis au point des techniques de fabrication qui sont encore utilisées aujourd’hui. En 1946, la boulangerie laisse place à la biscuiterie artisanale. Ce n'est qu'à la fin des années 80 que le fils Burnouf décide de se lancer dans la grande distribution en fondant avec son épouse la Maison du biscuit que l'on connaît aujourd'hui.

Je ne peux que recommander cette boutique originale, qui de plus est située pas très loin de chez moi :) Franchement, on s'est régalés, gourmands que nous sommes. Tout ce qu'on y a goûté et ramené était délicieux et fondait en bouche. L'ambiance était inédite, assez magique. Nous n'avons pas eu le temps de s'installer au salon de thé qui avait l'air prometteur, lui aussi, avec son pianiste automate et son décor adéquat. J'ai dû manquer le chocolat chaud à l'ancienne...

Pour ceux qui habiteraient un peu loin, il existe une boutique en ligne, histoire de goûter leurs spécialités (notamment les petits fours financiers et les sablés diamant), mais l'ambiance de la boutique vaut quand même le coup d’œil. Avis aux amateurs de biscuits maison, tablettes de chocolat tout droit sorties de chez Willy Wonka et autres friandises en tout genre :) Cet endroit est une véritable caverne d'Ali Baba, le paradis des gourmands, où les produits sont étalés ça et là dans un grand bazar organisé.


Images : La Maison du biscuit.

dimanche 21 avril 2013


ambiance musicale

Je fais une petite pause de deux semaines dans le bocage, histoire de me ressourcer un peu et d'éviter que mes yeux explosent. Mes 2h30 de route pour retraverser le département m'ont parues interminables. Cela fait un bien fou d'être rentrée ! Le petit studio en bardage bois de ma mère avance bien, le paysage gagne peu à peu en verdure et les bourgeons commencent à sortir. J'avais prévu de partir en Bretagne pour les vacances, mais ça a été finalement reporté à cause des soucis de santé de ma grand-mère. A la place, je vais donc travailler sur quelques reliures à la maison (j'ai amené tout le bazar =P). Il fait un temps magnifique ici, ça fait vraiment du bien :)
Le printemps est là, enfin, et c'est un temps qui m'inspire pour aller au jardin, faire des balades dans les alentours... et écrire aussi. Mon troisième livre (toujours le même) avance bien en ce moment. Au début, j'avais décidé de situer l'histoire entre Rennes et Saint-Malo, mais au final, je crois que je vais rapatrier tout ce petit monde en Normandie :) Dans des endroits que je connais mieux et qui me sont chers.


J'ai des envies de voyage... en Bretagne bien-sûr, mais aussi en Angleterre, en Irlande, en Ecosse, dans les pays du nord. Je crois que le meilleur moyen de voyager à moindre coût, c'est de se faire des petits déjeuners à thème les matins de vacances et de faire voyager son esprit...^^ Raccrocher la nacelle au Tilleul du jardin pour s'installer en compagnie d'un bon livre ou d'un bloc de papier brouillon, et profiter des couchers de soleil. A l'extérieur, ça sent bon les premières fleurs et l'herbe fraîchement coupée ! :) J'ai hâte que le printemps soit vraiment installé. Je prévois de me faire un petit guide personnalisé de la flore locale, que je relierai par la suite de façon artisanale. Mais pour ça, il faudrait que je puisse cueillir de quoi remplir l'herbier ! 

Hier, direction la capitale bas-normande pour visiter le salon gastronomique avec mes parents, mon frère et sa copine. J'aime beaucoup ce salon où on a la possibilité de piocher un peu à tout les stands pour découvrir les saveurs des différentes régions de France (charcuteries, apéritifs et sirops, fromages de pays, miels, chocolats, macarons et autres confiseries artisanales...) Tout était délicieux et je n'ai pas pu résister à m'acheter des macarons maison :p

La journée s'est poursuivie par des jeux à la Wii U et s'est terminée par une sortie au bowling suivie d'un dîner dans une bonne crêperie. Une journée parfaite pour entamer mes vacances ! :)

Je vous partage une autre recette que je compte bien tester dans les prochains jours... 




recette : lesfoodies.com
images : google

samedi 13 avril 2013

Le guide

 


J'ai souvent rêvé (éveillée ^^) d'une sorte de mentor. D'une personne qui me prendrait par la main pour m'expliquer comment ce monde étrange et incompréhensible fonctionne. Il m'arrive souvent de me sentir démunie, faible, lâche, face à ce qui se passe autour de moi. Et il devient bien pratique de pouvoir se cacher derrière des mots.

Il paraît que ce serait se mentir à soi-même que de vouloir garder à l'esprit les belles choses qui subsistent dans ce monde et continuer à penser que les problèmes vont finir par s'arranger... Dans mon imagination, mon mentor disait que pour que les choses s'arrangent, il fallait accepter "l'évènement déclencheur". Quelque chose dont tout le monde a peur, dont personne n'aime parler et que tout le monde pense pourtant inévitable pour pouvoir respirer de nouveau. L'hypothèse de cette "solution", nous opprime à petite dose chaque jour, mais jamais au point d'en étouffer pour la simple raison qu'on ne peut savoir ce qui nous attend. Cette gène se développerait à l'intérieur de nous-même en nous empêchant de faire des projets à long terme, en nous faisant souffrir un peu sans vraiment savoir d'où cette souffrance peut provenir. En nous empêchant de vivre pleinement chaque instant de notre existence.

Dans mon rêve, je criais à ce guide que j'avais peur. Que je faisais partie de celles qui se sentaient incapables de faire un jour le choix de mourir pour une idée. De contribuer à sa manière à l'évolution du monde vers un avenir meilleur. Que je préférais exposer mes idées sans jamais prendre de risque, sans jamais défier un auditoire qui juge, un auditoire souvent plus éclairé et plus instruit que moi. 
A chaque réveil, j'oublie les mots et les arguments suffisamment convainquant qui pourraient changer ma façon d'être, me rendre plus forte, tout en préservant cette part de sensibilité qui a fait de moi un être fréquentable. J'aimerais que ce mentor me donne les clefs qui permettent de gagner un peu de confiance en soi sans prendre le risque de se départir de sa gentillesse vis à vis des autres, et de sa modestie. Qu'il m'oblige à redevenir moi, sans m'amener un jour à le regretter en pensant, à tort ou à raison, décevoir les autres.

 Il paraîtrait que les gens vivant en retrait de la civilisation, dans les campagnes, vivent également éloignés de la vérité, de la dure réalité. Moi qui vis entre les deux, je n'ai pas ce sentiment. J'ai plutôt tendance à penser que ces gens vivant au plus proche de tout ce qui respire naturellement depuis que le monde est monde s'avèrent les mieux placés pour savoir ce qui est vrai de ce qui ne l'est pas. 
Et ceux qui vivent en subissant sans arrêt les critiques visuelles et verbales des autres citoyens ne finissent-ils pas par oublier qui ils sont et ce qui leur est cher, en aspirant à devenir comme leurs semblables ? Ne serait-ce pas ces gens qui vivent loin de ce qui est vrai, de ce qui est propre à l'identité de chacun, à la véritable nature de l'homme et de ce qui vit autour de lui ? Pourquoi toujours se résigner à être comme tout le monde, si c'est pour le vivre plus mal encore ?

Si le monde devait tourner plus mal, j'espère ne pas être de celles qui ne tenteront rien comme si elles n'avaient plus rien à défendre. Il y aura toujours quelque chose à défendre.



vendredi 29 mars 2013


Je n'avais pas été au cinéma depuis longtemps, mais s'il y avait un film que je ne voulais absolument pas manquer, c'était bien celui-ci. Le voir plusieurs fois permet de mieux en saisir la beauté.

Plusieurs histoires situées sur différents espaces temps, d'une certaine façon toutes liées les unes aux autres. Ce sont les mêmes acteurs que l'on retrouve aux différentes époques dans des rôles différents, ce qui donne une continuité entre ces personnages à travers les siècles et une idée bien singulière de la réincarnation. Le montage en lui-même était plutôt osé, mais les époques sont parfaitement entremêlées de façon limpide et magnifique. La philosophie du film tourne notamment autour de l'entêtement humain à reproduire inlassablement les erreurs du passé, la puissance de l'amour et l'espoir, à travers les idées d'un médiateur. L'espoir finit par triompher du mal à chaque époque. L'humanité finit toujours par rebondir malgré ses erreurs et crée toujours un futur meilleur en renversant l'ordre établi. D'une certaine façon, le film met en lumière l'idée que de toute l'histoire de l'humanité, aucune leçon ne doit être tirée simplement, car chaque époque est unique, avec ses identités, ses esprits qui la font vivre, et 
qu'aucun peuple n'est plus clairvoyant que ne le furent les autres peuples de l'histoire.

Un film au contexte inédit et vraiment bouleversant. On est aspiré dans une sorte de spirale. On ressent un certain malaise, et en même temps, on a le sentiment d'être pris par la main et d'être guidés de façon intelligente et objective. L'humanité est exposée tantôt de façon repoussante à l'extrême, tantôt de façon incroyablement sensible, faisant ressortir les plus beaux côtés de cette humanité parfois tâtonnante, réfléchie, poétique.



La première époque se situe en 1849, dans l'océan Pacifique. Adam Ewing, un jeune juriste, voyage à bord d'un navire. Il fait la connaissance d'un passager clandestin qui fuit l'esclavage. En retrouvant son épouse Tilda à San Francisco, Adam et cette dernière décident de s'engager dans la lutte contre l'esclavagisme. 

Puis, durant l'entre-deux guerres, en Angleterre (vers 1930), nous suivons Robert Frobisher, un jeune musicien bisexuel, qui doit quitter son amant Sixsmith et travailler à Cambridge pour un célèbre compositeur. Il garde contact avec Sixsmith par écrit. Robert apprend beaucoup au contact du compositeur tout en écrivant sa propre œuvre, la Cartographie des nuages



En 1973, en Californie, la journaliste Louisa Rey enquête sur un dossier (rédigé par un certain Sixsmith, plus âgé) allant à l'encontre de la construction d'une centrale nucléaire. Les responsables de la centrale veulent dissimuler les dangers potentiels et font assassiner un à un les opposants, dont Sixsmith. Dans la chambre d'hôtel de Sixsmith, Luisa découvre les vieilles lettres de Robert Frobisher. 

Dans le présent, en Angleterre, (la partie la plus drôle) nous suivons les aventures de Timothy Cavendish, un éditeur qui connaît le succès après que l'un de ses auteurs ait assassiné en public son critique littéraire. La majeure partie de son argent ayant été récupérée par ses créanciers, Cavendish se trouve dans l'impossibilité de payer la famille de l'auteur incarcéré. Il appelle alors son frère à l'aide, qui lui donne le nom d'une pension de famille discrète pour se cacher. En réalité, il s'agit d'un centre d'internement pour les personnes âgées.

En 2144, dans une Corée du futur, la société est maîtrisée par une organisation, la Corpocratie, un véritable empire consumériste. L'une des clones, nommée Sonmi-451, travaille dans la cafétéria Papa-Song, où elle fait la rencontre d'une clone révolutionnaire faisant partie de l'Union rebelle d'Hae-Joo Chang, un homme qui va lui ouvrir les yeux sur la société dans laquelle ils vivent. Sous l'enseignement de Chang, Sonmi prend conscience que chaque individu doit savoir prendre des risques, même mourir si nécessaire, pour faire changer les choses. 
Au moment où le QG des rebelles va être attaqué et anéanti, Sonmi-451 diffuse un message par télévision et radio, en direction des autres pays et des autres planètes précédemment découvertes. Son message se propagera très vite et elle deviendra une figure emblématique, recherchée par les autorités.

Au 23ème siècle, dans un futur faisant suite à l'extinction de l'espèce humaine sur terre, Zachry vit dans une tribu peu avancée sur le plan technologique, où chacun vénère la grande déesse Sonmi pour tout ce qui leur est cher. La tribu est en proie aux attaques fréquentes d'hommes cannibales. Meronym, une ethnologue issue de la dernière civilisation, vient étudier les coutumes locales. Lorsqu'elle parvient à guérir Chaton, la nièce de Zachry, celui-ci accepte de la conduire au sommet d'une montagne « tabou », censée habiter des Esprits malfaisants. Meronym et Zachry mettent alors en marche une machine antique, permettant de lancer un appel de détresse aux humains résidant sur des planètes extra-solaires. Ils captent le message transmis par la déesse Sonmi :
« La vie ne nous appartient pas. Du berceau au tombeau  nous sommes liés les uns aux autres. Dans le passé et le présent. Et par chaque crime, chaque acte de bonté, nous enfantons notre avenir. »




On y retrouve le génie du réalisateur du film Le Parfum et celui des réalisateurs de Matrix (et producteurs de V pour Vendetta). Généralement, les projets liés de près ou de loin à Andy et Lana (Larry) Wachowski, aboutissent à des merveilles et ce film n'a pas manqué à la règle. C'est même l'un de mes préférés. J'en attendais beaucoup, et je n'ai pas été déçue. On reste en éveil du début à la fin (2h45, tout de même...), les décors et les thèmes musicaux sont grandioses, la lumière également, la poésie vient contrebalancer la violence et le côté gore de certaines scènes, et Tom Hanks est remarquable, comme à son habitude. J'ai beaucoup aimé aussi l'idée que chaque époque était liée à la précédente par des traces écrites ou visuelles d'un personnage trouvées par un autre (le journal de la traversée du pacifique d'Adam trouvé par Robert Frobisher, les lettres de Robert à son amant Sixsmith trouvées par Louisa Rey, le film biographique de Cavendish trouvé par Hae-Joo Chang, la transmission de Sonmi captée par Zachry et Meronym). Ces héritages transmis directement ou indirectement d'une époque à une autre, qui permettent de constater que des erreurs ont été commises et finissent par se réitérer. Des erreurs mais aussi des actes de courage qui peuvent contribuer à éveiller des consciences et soulever un peuple entier. 
J'ai eu des frissons tout du long. J'ai ri aussi. La manière dont se présente le récit permet d'aborder les questions existentielles et de proposer une réflexion sur la nature et la condition humaine. Le film traite aussi bien de l'amour que de la mort, de la réincarnation et de la liberté des individus.

A couper le souffle.

lundi 21 janvier 2013

L'adoption



Parce-qu'il circule sur la toile des extraits vidéo sélectionnés faisant passer les manifestants contre le mariage et l'adoption des homosexuels pour des perles en leur genre, il convient aussi d'exposer les arguments qui, eux, peuvent se défendre et ne m'apparaissent pas obligatoirement déraisonnés. 

Il y a toujours le pour et le contre face à une réforme. Après tout, en bons français qui se respectent, nous nous devons de râler et faire que tout sujet d'actualité soit l'argument tant espéré pour une nouvelle baston. Quelle que soit l'idée que l'on soutient, je reste convaincue qu'une réforme n'est jamais à prendre à la légère, surtout à partir du moment où d'autres personnes (autres que nous-mêmes) sont concernées. Des personnes à qui le choix ne se présente pas. Pour le mariage homosexuel, simplement, j'ai bel et bien l'impression que la question n'est pas amenée à se poser. Concernant l'adoption en revanche, j'ai du mal à concevoir que l'on puisse être totalement pour et trouver là une évidence certaine, sans penser aux conséquences.

Un enfant élevé par deux parents de même sexe est amené à grandir avec un déséquilibre. D'autres enfants "normaux" (que je n'aime pas ce mot...) élevés par un père et une mère qui se disputent, voire se séparent, connaissent également un certain déséquilibre. 
Un déséquilibre peut forger une personnalité différente, plus ouverte, et donc intéressante à développer chez ce même enfant, c'est vrai. Cela peut tout aussi bien déboussoler et anéantir complètement une personnalité très sensible si cette dernière est mal encadrée. L'adoption est déjà très compliquée à gérer pour un couple hétérosexuel. C'est un choix qui inclue une attention plus particulière, de toute évidence.

L'adoption par les homosexuels est un concept à accepter et à respecter, je le pense, mais peut-être pas autant à la légère. La nouveauté a souvent du bon, oui, mais avec le "recul" nécessaire pour que cela fonctionne :-)

mardi 18 décembre 2012

Le coeur




Telle une chandelle sur un clan rêveur,
Le coeur observe, puis veille à son heure,
Honorant la promesse d'être généreux
Quand l'éducation même endigue ses vœux.

Le coeur assume ses responsabilités
Et malgré cela, se confronte au doute.
Se persuade de ne jamais faire assez
Pour que chacun puisse tracer sa route.

Témoin discret de fureurs et de larmes
Le coeur adsorbe sans jamais juger.
Il tolère, analyse au calme
Avec sagesse, conseille ses cadets.

Puisant son énergie auprès de la terre,
Le coeur écoute, s'instruit et se nourrit.
Il sait que la chaleur l'emporte sur le fer
Et qu'en cet enseignement prospère la vie.


Suzie Leïlan, le 28/04/12.
(à ma tante).


Peinture : James Abbott McNeill Whistler - Au Piano

jeudi 6 décembre 2012




ambiance musicale

L'hiver pointe le bout de son nez :) Il fait froid et en même temps, j'ai rarement vu un mois de novembre aussi ensoleillé ! Les filles (de la reliure) et moi-même en avons profité pour organiser quelques sorties,  notamment samedi dernier où nous nous sommes rendues à Caen. Ça nous a fait beaucoup de bien de nous éloigner un peu de Lisieux. Nous avons fait escale au château de Guillaume (enfin, ce qu'il en reste), l'Abbaye aux hommes, le marché de Noël, et la librairie de livres anciens Frérot (il y a tellement de beaux livres entassés du sol au plafond qu'on doit se faufiler dans les allées comme un contorsionniste ^^). A l'heure du goûter, nous sommes allées au Dolly's, un salon de thé très british que je voulais absolument faire découvrir aux filles. On peut y déguster de délicieux chocolats chauds à l'ancienne avec des scones au beurre, dans un univers très cosy. Les clients s'assoient généralement dans de gros fauteuils ou sur des banquettes, entourés de photos en noir et blanc et de meubles en bois :) Comme c'était bondé, nous nous sommes contentées de la terrasse chauffée. C'était vraiment agréable.
Et dimanche, j'ai organisé une mini pendaison de crémaillère dans mon appartement avec les filles, avec raclette et Seigneur des anneaux. Un très bon week-end.

La reliure, c'est génial. ^^ Je m'éclate vraiment. L'un de nos professeurs, Monsieur Kunz, nous donne souvent des cours "annexes" souvent très intéressants. Un vendredi matin, on a vu une branche de bambou passer la porte la première, suivie par Mr Kunz. Il nous a ensuite fabriqué des calames pour nous exercer à la calligraphie d'époque, pendant 2 heures, avec différentes écritures :) L'Onciale m'a d'ailleurs beaucoup fait pensé à l'univers de Tolkien avec ses formes arrondies. Un petit côté elfique... On a adoré. 
Il nous a également montré comment fabriquer du papyrus, ainsi que de la colle de farine.

J'ai appris un nouveau montage : le Bradel. Le rendu esthétique est un peu différent que le montage reliure classique, se rapprochant un peu plus du livre industriel courant (il y en a des beaux). Plus simple et plus rapide à réaliser, mais un peu moins solide à long terme. 
Comme je passe beaucoup de temps à la salle de dorure de mon côté, Monsieur Crézé m'a montré comment dorer à la vraie feuille d'or cette semaine. Ça fait du changement par rapport au film argenté ou doré! C'est délicat à manipuler mais très sympa à réaliser. Le rendu est plus net et vraiment joli (pas encore photographié car c'est pour un futur cadeau de Noël^^).

Les journées sont bien remplies. En ce moment, je n'écris pas beaucoup car je suis très fatiguée en rentrant, mais le coeur y est. J'espère trouver quelques moments pour écrire des articles un peu plus intéressants que celui-ci, mais malheureusement, la rédaction des articles qui me tiennent à coeur peut me prendre facilement une journée entière...

Il y a vraiment une ambiance de pré-Noël qui plane à l'atelier. Les Schokobons circulent un peu partout et Lucylle a commencé à décorer sa fenêtre de guirlandes en papier en forme de bonhommes de neige et d'étoiles (ça arrive qu'elle s'emmerde...^^'). 
On attend notre première neige de pied ferme ici :-]

Les livres photographiés ci-dessus ont été réalisés par mes soins (demi-cuir chagrin et dorure au film doré). Crédit autres photos : Web Pommes et Gralon.

mardi 18 septembre 2012

La vie suit son cours à Lisieux...

Je suis toujours en vie, même si je dispose de peu de temps pour me manifester ces temps-ci sur les plateformes. Je viens donner quelques nouvelles sur mon petit blog, à défaut de le faire ailleurs ;) J'ai donc abandonné le DUT métiers du livre pour me tourner vers le fameux CAP de reliure d'art à Lisieux, que j'ai entamé depuis début septembre. Cela fait donc un peu plus de deux semaines que j'ai entamé cette formation, et je dois dire que cela me plaît énormément. 

Nous avons été mis dans le bain très rapidement, tant et si bien qu'au bout d'une petite semaine, nous posions déjà sur notre paillasse notre premier ouvrage vierge "safran" conçu de A à Z par nos petites mains hésitantes, après avoir suivi une à une les 50 étapes précises nécessaires à la conception artisanale du livre, avec le suivi de Mr. Crézé, de Madame Dozolme et de Mr Kuntz (les trois "Z" ^^).

Nous sommes quatre élèves (filles) à être bachelières et nous nous entendons très bien. Nous sommes installées toutes les quatre sur la même paillasse, un peu "à part" dans le groupe, puisque contrairement aux autres élèves plus jeunes, nous suivons le CAP en une seule année (si tout va bien du moins ^^').
Aujourd'hui, nous avons terminé notre deuxième livre (avec une couverture demi toile au choix), ainsi qu'une reliure japonaise avec des gardes colorées, et nous avons même été initiées à la dorure en fin de journée. J'ai adoré manipuler les fleurons à chaud et les palettes. Après plusieurs essais, j'ai quand même réussi à faire des lignes droites et régulières. ^^


Nous passons le plus clair du temps dans l'atelier, à rogner, parer, encoller, poncer... C'est essentiellement du travail manuel (à l'oeil et à l'instinct) et je me sens très à l'aise dans ce domaine. Nous sommes en totale liberté, à pouvoir aller et venir dans l'atelier à tout moment de la journée pour reprendre nos travaux en cours et demander conseils aux enseignants présents si besoin... On a deux heures pour manger tranquillement chez soi le midi. Il n'y a aucune pression, aucun stress, et j'ai vraiment plaisir à me lever le matin :) Comme les élèves sont autorisés à mettre de la musique, on a même quelques fois un fond d'ambiance irlandaise dans l'atelier, ce qui est loin d'être désagréable :)

Quant à mon nouvel appartement, c'est un véritable petit grenier bien agréable à vivre, plutôt cosy et très lumineux, qui allie à la fois le côté vieillot à la normande et le moderne :) Je m'y plais beaucoup également. Pour l'instant, tout va bien donc, ça ressemble au bonheur :) Je me sens pousser des ailes. Et lorsque je suis dans les bras de Morphée, j'envisage même d'exercer mon futur métier jusqu'en Irlande, c'est pour dire ! ^^


jeudi 9 août 2012

Si le monde n'a absolument aucun sens, qui nous empêche d'en inventer un ? (L. Carroll)



En survolant les articles, et en particulier les murs des réseaux sociaux, j'ai l'impression que de plus en plus de personnes trouvent une satisfaction presque malsaine à se morfondre sur leur différence, leurs problèmes psychologiques, etc. Je ne souhaite juger personne, simplement constater une forme de compétition massive qui semble s'être instaurée pour savoir à qui revient la palme de l'évènement ou du comportement le plus désolant de la journée... Quelle est cette nouvelle lubie ? Si personne n'a réussi à vous venir en aide jusque-là par ce moyen, pourquoi continuer à s'aplatir en public ? Trouve-t-on satisfaction à plomber le moral des autres en rabâchant ses problèmes personnels ? Ça ne sert à rien de s'exposer face à des gens qui ne sont pas ouverts à cela sur le moment, ça ne fait que les écoeurer de notre compagnie, ou les inciter à nous donner (pour nous prouver leur bonne volonté) des pseudo-solutions à la va-vite, sans forcément être en bonne situation pour comprendre notre problème. Apprenez plutôt à vivre avec cela, faire que votre particularité devienne votre atout. N'attendez pas forcément tout des autres...

Nous sommes gâtés par la vie, nous autres européens occidentaux. Nous avons un toit, des gens autour de nous, et pour les plus chanceux, des yeux pour admirer, des oreilles pour écouter, des doigts pour effleurer. On peut avoir des soucis d'argent, des problèmes sociaux, des crises de panique quant au véritable sens de notre vie, c'est vrai... Mais pourquoi sauter sur la première occasion de se montrer diminué, pourquoi rechercher la pitié des autres ? Tous les gens vivent des hauts et des bas au quotidien, plus ou moins sérieux, et le but, justement, c'est de continuer à avancer, trouver les petits plaisirs du quotidien qui nous font oublier le plus sombre, le plus triste, le plus injuste. La vie est une sorte de chute à l'horizontale, comme une rivière qui suit son cours, même en ne sachant pas où elle va atterrir. Je ne suis peut-être pas suffisamment expérimentée, mais je crois que c'est aussi le principe de la vie. Chaque jour est différent et amène avec lui ses surprises plus ou moins bienvenues.

 Ensuite, c'est peut-être une question de personnalité, mais je suis convaincue que se plaindre ouvertement n'a jamais aidé personne. Cela ne sert qu'à nous faire sentir de jour en jour plus misérable aux yeux des autres. Et cela en devient d'autant plus dur de nous relever car les remarques qui se veulent positives au moindre changement ont alors un petit goût d'hypocrisie ou de jalousie, mais trop rarement d'encouragement. Un cercle vicieux.
Une vie pourrait se résumer assez simplement. Lorsque la rivière arrive sur des rochers, elle les contourne, n'a pas le choix, elle est emportée par le courant. Pensez que les autres aussi ont leurs problèmes personnels et psychologiques qu'ils ne tiennent pas forcément à étaler, ça ne veut pas dire qu'ils souffrent moins. Simplement qu'ils sont conscients que les gens qui les entourent doivent, eux aussi, suivre ce même courant. Ils ne rencontrent pas forcément les mêmes rochers ; ils en rencontrent d'autres. 

Enfin, la générosité n'est pas quelque chose que l'on suggère aux autres. C'est quelque chose que l'on reçoit lorsque l'on se montre accessible, amical et ouvert soi-même. Lorsqu'on le mérite. Lorsqu'on montre que l'on veut vraiment essayer d'avancer, même en étant seul. 

Personne n'est véritablement aveugle dans ce monde. Il y a ceux qui n'ont aucun temps à consacrer, ni pour les autres, ni pour eux-mêmes. Parmi les humains (les vrais), personne ne souhaite vraiment vous ignorer. Sachez qu'autour de vous, il peut très bien y avoir des gens qui remarqueront que vous n'allez pas bien, sans que vous ayez à dire quoi que ce soit. Ces personnes ne diront sans doute rien sur le moment mais reviendront peut-être vers vous lorsqu'elles se jugeront utiles et aptes à vous écouter. Et si vous avez la chance qu'une personne se montre un jour disponible pour vous, en vous demandant ce qui ne va pas, c'est le moment d'en parler. Parce que c'est à ce moment là seulement que cette personne se sentira prête et disponible pour tenter de vous décoincer. 

Si personne n'est là pour vous, ce n'est pas pour autant la fin du monde. Sortez, oxygénez-vous l'esprit, faites une activité pour rencontrer de nouvelles personnes (si vous en éprouvez le besoin), créez quelque chose de vos mains, instruisez-vous, faîtes des découvertes, passez à autre chose. Vous n'avez qu'une vie ! Que vous soyez seul(e) ou accompagné(e). Il faut avancer, poursuivre votre chemin, et ne pas vous enfermer dans votre sentiment de solitude et de transparence. Lorsque vous réussissez à aller de l'avant, vous vous rendez alors compte que votre problème était dérisoire, et ne vous empêchait certainement pas de poursuivre votre route. Vous êtes libres et vivants, malgré ce qu'on vous laisse croire, vous aurez toujours un choix à prendre : celui de vous morfondre ou bien de profiter de chaque instant qui passe :) 


image : weesk.com

samedi 4 août 2012

Le Cercle des Poetes Disparus

Cela faisait un petit moment que je n'avais pas posté d'article de présentation de film, et j'en profite pour "critiquer" une oeuvre à part entière qui me tient très à coeur et que j'ai eu l'occasion de revoir récemment: "Le Cercle des Poètes disparus". Lorsque je l'ai vu pour la première fois il y a plusieurs années, j'avais été bouleversée pendant une bonne semaine, durant laquelle je n'avais souhaité voir aucun autre film. Je voulais garder celui-ci en mémoire le plus longtemps possible, m'en imprégner totalement. Je n'avais jamais vu Robin Williams dans un rôle aussi fort, et le destin de Neil Perry m'avait profondément marquée.



Déroulement de l'intrigue

En 1959, l’académie Welton est l’une des institutions scolaires les plus réputées, les plus austères et les plus fermées des Etats-Unis, située dans la campagne du VermontAvec son architecture néogothique, sa fresque de photos d'anciens élèves accrochée en son entrée, ses vieux escaliers, il n'est pas difficile d'imaginer qu'il s'agit d'une école de tradition et de discipline stricte. La devise «Tradition, honneur, discipline, excellence» appuie d'ailleurs cette idée, de même que le discours d'entrée du directeur. 

Cette année-là, un professeur de littérature aux méthodes d'enseignement marginales y fait son entrée : John Keating. Le contraste flagrant entre la rigidité conservatrice de l’académie et la sereine décontraction de John Keating déstabilise rapidement les élèves dans leurs certitudes. 

Le film suit le parcours de quelques élèves. Neil est un élève exemplaire. Doué, dynamique, sociable et généreux, il s'applique à ses études pour ne pas décevoir son père qui voit pour lui un avenir tout tracé. De son côté, Todd est son exacte contraire. Nouveau arrivé, timide et complexé, ce dernier parvient difficilement à se faire une place dans le groupe déjà formé. Mais rapidement, Neil éprouve de l'affection pour lui et décide de le prendre sous son aile et de le faire participer à toutes leurs activités. Le frère aîné de Todd fut un brillant étudiant de Welton. On ne le voit jamais, on ignore son nom, mais sa présence plane dès le début du film. Todd se sent étouffé par ce frère brillant, comme s’il ne possédait pas d’identité propre, et étouffe donc sa propre personnalité. 
Knox quant à lui est le romantique du groupe. Amoureux de Chris, il n'ose pas l'aborder et en souffre. Charlie de son côté, est déjà enclin à la rébellion et l'arrivée de Keating ne fera que donner de la matière à ses idées.
Ce sont globalement des élèves très sérieux mais imaginatifs (ils parviennent à fabriquer en cachette une radio afin de capter une station de rock). 

En enseignant la poésie, Keating désire bien entendu transmettre à ses élèves des notions telles que l’amour de l’art et de la littérature. Il encourage également le refus du conformisme, l'épanouissement des personnalités et le goût de la liberté. En s'appuyant sur la devise qui tient tant à coeur à Keanting : "Carpe Diem - Profite du jour présent", Chris, Knox et Neil vont peu à peu soulever les barrières qui les empêchent de suivre leurs passions.


En fouillant dans les archives de l'école, Neil Perry découvre le dossier de Keating, du temps où ce dernier était élève à Welton. Il apprend par la même occasion l'existence du cercle des poètes disparus. A l'intercours, Neil et les membres du groupe décident d'aller en parler au principal intéressé. Ils apprennent alors que le cercle des poètes disparus était une sorte de société secrète fondée par Keating et ses camarades de classe de l'époque dans le but de mettre en lumière la poésie "de l'ombre", les poètes oubliés ou indésirables de la pédagogie et des convenances. Neil, Knox, Charlie et quelques autres décident de reformer, dans le même secret, ce cercle des poètes disparus. Une manière pour eux d'échapper aux règles qui leur sont imposées au quotidien et de mettre des mots sur ce qu'ils ressentent.




Régulièrement, Neil et ses amis quittent leur lit au milieu de la nuit pour se regrouper dans une caverne en forêt voisine, afin de lire de la poésie. Todd, à la demande de Neil, accepte de les accompagner à condition de ne pas être obligé de prendre la parole. 


Pendant les journées, Keating organise des classes de plein air, des activités sportives afin d'aider ses élèves à ouvrir leur esprit. Les méthodes de Keating sont bien entendu rapidement mal vues par ses supérieurs et les autres professeurs de l'Académie, qui estiment qu'à lui seul, Keating risque de compromettre tout le travail fourni par ses prédécesseurs pour maintenir la discipline et la concentration des élèves. Les mois s'écoulent et le corps enseignant finit par fermer les yeux, forcé de constater que l'enseignement suspicieux de Keating ne montre que des résultats positifs dans l'ensemble.

Effacé, profondément réservé, seul Todd semble s'emmurer dans ses complexes, et demeurer en retrait. Mais Keating est clairvoyantRien de lui échappe, et certainement pas le manque de confiance évident du garçon. Pour lui, son métier c’est aussi pousser chaque élève à s'estimer et découvrir ses propres richesses. 

Neil semble être le plus sensible à l’influence de Keating. Eduqué d’une main de fer par un père autoritaire, Neil n’a aucune échappatoire. Mais lorsqu’il se découvre une passion pour le théâtre et obtient le rôle de Puck dans Le Songe d’une nuit d’été, il décide d'en parler à Keating, qui l'encourage sur cette voie. 

Il n’en est pas de même pour le père de Neil. Découvrant que son fils lui ment, il condamne le garçon à passer le reste de ses études dans une école militaire. Pour Neil, c’est la fin de tous ses rêves. Plutôt que de se soumettre à un destin qui ne lui ressemble pas, il choisit la fuite suprême. 

Dès lors, le destin de Keating est joué. Il est tenu responsable du suicide de Neil, puis renvoyé. Pour le directorat de Welton, cette mort sert d'appui pour renforcer l'idée que toute innovation dans l'enseignement provoque des tragédies. La mort de Neil représente pour Keating même un échec et un profond chagrin. Todd et ses autres camarades sont tout autant bouleversés.

Mais l’enseignement de Keating a porté ses fruits. Le professeur de latin, tout d'abord, décide de changer ses méthodes d’enseignement. Une façon pour lui de montrer son soutien à son collègue. Alors que Keating a fini de récupérer ses effets dans la salle de classe et s’apprête à partir, Todd lance l’adieu en grimpant sur son bureau, défiant l’autorité du directeur pour rendre hommage à celui qui a su le libérer de ses doutes. Cette scène dont est témoin Keating lui montre que son enseignement a laissé une trace positive. Et voici que Knox suit le chemin de Todd, puis d'autres, jusqu’à ce que la moitié de la salle se retrouve debout sur les pupitres, ignorant les cris du directeur qui tente en vain de rétablir l’ordre. Dans les yeux de ces élèves, il y a la certitude que personne ne sera plus en mesure de dicter leur propre destin. 



« Je m’en allai dans les bois parce que je voulais vivre sans hâte. Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie. Mettre en déroute tout ce qui n’était pas la vie, pour ne pas découvrir, à l’heure de ma mort, que je n’avais pas vécu. » 


Thoreau.

Mon avis sur ce film

Il s'agit de l'un de mes films préférés, pour plusieurs raisons. La première raison a été mon identification immédiate à l'un des personnages : Todd Anderson. D'autre part, j'ai beaucoup aimé cette amitié qui liait ce dernier à Neil Perry. Une personnalité totalement différente de la sienne et qui vient l'appuyer de toutes les manières qu'un ami puisse appuyer un autre ami. 
Neil Perry est LE personnage que j'ai véritablement adoré. En plus d'être touchant, sensible et intelligent, il a la qualité d'être profondément tolérant et attentionné envers les autres, tout en n'hésitant pas à dire avec sincérité ce qui ne va pas chez quelqu'un, dans le seul but d'ôter les barrières qui empêchent cette personne d'être heureuse. Neil Perry représente en quelque sorte l'ami masculin que j'aurais vraiment aimé connaître dans la vraie vie, et la personnalité que j'aurais bien aimé devenir moi-même :) Bien entendu, sa mort dans le film a été un choc, tant inattendue que logique (finalement), et la douleur de Todd et des autres membres du groupe est tellement bien rendue... C'est comme si les autres décidaient d'endosser le rôle de Neil auprès de Todd pour le soutenir dans sa solitude. Cette scène est vraiment belle.


Ensuite, vient le rôle du professeur Keating. Bien entendu, ce personnage ne peut laisser personne indifférent, puisqu'il s'agit en quelques sortes du principal attrait du film. J'avais été habituée jusqu'ici à voir Robin Williams dans les films pour enfants et la grande faculté qu'il a eu à interpréter ce rôle m'a prouvé qu'il était un excellent acteur. Après, je dirais que le professeur marginal, charismatique, qui met l'esprit de ses élèves en éveil est une idée qui avait déjà été mise en scène maintes et maintes fois avant cela.
Un seul bémol : la femme dans ce film (bien évidement quasi inexistante pour bien marquer le système de l'école), est à l'image d'une poupée de porcelaine. Jolie, délicate, naïve... et nunuche. 

Ce qui a vraiment marqué la différence, c'est cette approche de la littérature et de l'Art d'une manière générale. Toute cette trame autour du Cercle des poètes, les références à H D Thoreau et Walt Whitman entre autres, la valeur de la liberté et des idées, étaient bien trouvées et employées avec justesse.

C'est un film fort et délicat dans un même mouvement. Un film qui nous donne un souffle de courage pour s'accrocher à notre vie.



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