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vendredi 29 mars 2013


Je n'avais pas été au cinéma depuis longtemps, mais s'il y avait un film que je ne voulais absolument pas manquer, c'était bien celui-ci. Le voir plusieurs fois permet de mieux en saisir la beauté.

Plusieurs histoires situées sur différents espaces temps, d'une certaine façon toutes liées les unes aux autres. Ce sont les mêmes acteurs que l'on retrouve aux différentes époques dans des rôles différents, ce qui donne une continuité entre ces personnages à travers les siècles et une idée bien singulière de la réincarnation. Le montage en lui-même était plutôt osé, mais les époques sont parfaitement entremêlées de façon limpide et magnifique. La philosophie du film tourne notamment autour de l'entêtement humain à reproduire inlassablement les erreurs du passé, la puissance de l'amour et l'espoir, à travers les idées d'un médiateur. L'espoir finit par triompher du mal à chaque époque. L'humanité finit toujours par rebondir malgré ses erreurs et crée toujours un futur meilleur en renversant l'ordre établi. D'une certaine façon, le film met en lumière l'idée que de toute l'histoire de l'humanité, aucune leçon ne doit être tirée simplement, car chaque époque est unique, avec ses identités, ses esprits qui la font vivre, et 
qu'aucun peuple n'est plus clairvoyant que ne le furent les autres peuples de l'histoire.

Un film au contexte inédit et vraiment bouleversant. On est aspiré dans une sorte de spirale. On ressent un certain malaise, et en même temps, on a le sentiment d'être pris par la main et d'être guidés de façon intelligente et objective. L'humanité est exposée tantôt de façon repoussante à l'extrême, tantôt de façon incroyablement sensible, faisant ressortir les plus beaux côtés de cette humanité parfois tâtonnante, réfléchie, poétique.



La première époque se situe en 1849, dans l'océan Pacifique. Adam Ewing, un jeune juriste, voyage à bord d'un navire. Il fait la connaissance d'un passager clandestin qui fuit l'esclavage. En retrouvant son épouse Tilda à San Francisco, Adam et cette dernière décident de s'engager dans la lutte contre l'esclavagisme. 

Puis, durant l'entre-deux guerres, en Angleterre (vers 1930), nous suivons Robert Frobisher, un jeune musicien bisexuel, qui doit quitter son amant Sixsmith et travailler à Cambridge pour un célèbre compositeur. Il garde contact avec Sixsmith par écrit. Robert apprend beaucoup au contact du compositeur tout en écrivant sa propre œuvre, la Cartographie des nuages



En 1973, en Californie, la journaliste Louisa Rey enquête sur un dossier (rédigé par un certain Sixsmith, plus âgé) allant à l'encontre de la construction d'une centrale nucléaire. Les responsables de la centrale veulent dissimuler les dangers potentiels et font assassiner un à un les opposants, dont Sixsmith. Dans la chambre d'hôtel de Sixsmith, Luisa découvre les vieilles lettres de Robert Frobisher. 

Dans le présent, en Angleterre, (la partie la plus drôle) nous suivons les aventures de Timothy Cavendish, un éditeur qui connaît le succès après que l'un de ses auteurs ait assassiné en public son critique littéraire. La majeure partie de son argent ayant été récupérée par ses créanciers, Cavendish se trouve dans l'impossibilité de payer la famille de l'auteur incarcéré. Il appelle alors son frère à l'aide, qui lui donne le nom d'une pension de famille discrète pour se cacher. En réalité, il s'agit d'un centre d'internement pour les personnes âgées.

En 2144, dans une Corée du futur, la société est maîtrisée par une organisation, la Corpocratie, un véritable empire consumériste. L'une des clones, nommée Sonmi-451, travaille dans la cafétéria Papa-Song, où elle fait la rencontre d'une clone révolutionnaire faisant partie de l'Union rebelle d'Hae-Joo Chang, un homme qui va lui ouvrir les yeux sur la société dans laquelle ils vivent. Sous l'enseignement de Chang, Sonmi prend conscience que chaque individu doit savoir prendre des risques, même mourir si nécessaire, pour faire changer les choses. 
Au moment où le QG des rebelles va être attaqué et anéanti, Sonmi-451 diffuse un message par télévision et radio, en direction des autres pays et des autres planètes précédemment découvertes. Son message se propagera très vite et elle deviendra une figure emblématique, recherchée par les autorités.

Au 23ème siècle, dans un futur faisant suite à l'extinction de l'espèce humaine sur terre, Zachry vit dans une tribu peu avancée sur le plan technologique, où chacun vénère la grande déesse Sonmi pour tout ce qui leur est cher. La tribu est en proie aux attaques fréquentes d'hommes cannibales. Meronym, une ethnologue issue de la dernière civilisation, vient étudier les coutumes locales. Lorsqu'elle parvient à guérir Chaton, la nièce de Zachry, celui-ci accepte de la conduire au sommet d'une montagne « tabou », censée habiter des Esprits malfaisants. Meronym et Zachry mettent alors en marche une machine antique, permettant de lancer un appel de détresse aux humains résidant sur des planètes extra-solaires. Ils captent le message transmis par la déesse Sonmi :
« La vie ne nous appartient pas. Du berceau au tombeau  nous sommes liés les uns aux autres. Dans le passé et le présent. Et par chaque crime, chaque acte de bonté, nous enfantons notre avenir. »




On y retrouve le génie du réalisateur du film Le Parfum et celui des réalisateurs de Matrix (et producteurs de V pour Vendetta). Généralement, les projets liés de près ou de loin à Andy et Lana (Larry) Wachowski, aboutissent à des merveilles et ce film n'a pas manqué à la règle. C'est même l'un de mes préférés. J'en attendais beaucoup, et je n'ai pas été déçue. On reste en éveil du début à la fin (2h45, tout de même...), les décors et les thèmes musicaux sont grandioses, la lumière également, la poésie vient contrebalancer la violence et le côté gore de certaines scènes, et Tom Hanks est remarquable, comme à son habitude. J'ai beaucoup aimé aussi l'idée que chaque époque était liée à la précédente par des traces écrites ou visuelles d'un personnage trouvées par un autre (le journal de la traversée du pacifique d'Adam trouvé par Robert Frobisher, les lettres de Robert à son amant Sixsmith trouvées par Louisa Rey, le film biographique de Cavendish trouvé par Hae-Joo Chang, la transmission de Sonmi captée par Zachry et Meronym). Ces héritages transmis directement ou indirectement d'une époque à une autre, qui permettent de constater que des erreurs ont été commises et finissent par se réitérer. Des erreurs mais aussi des actes de courage qui peuvent contribuer à éveiller des consciences et soulever un peuple entier. 
J'ai eu des frissons tout du long. J'ai ri aussi. La manière dont se présente le récit permet d'aborder les questions existentielles et de proposer une réflexion sur la nature et la condition humaine. Le film traite aussi bien de l'amour que de la mort, de la réincarnation et de la liberté des individus.

A couper le souffle.

samedi 4 août 2012

Le Cercle des Poetes Disparus

Cela faisait un petit moment que je n'avais pas posté d'article de présentation de film, et j'en profite pour "critiquer" une oeuvre à part entière qui me tient très à coeur et que j'ai eu l'occasion de revoir récemment: "Le Cercle des Poètes disparus". Lorsque je l'ai vu pour la première fois il y a plusieurs années, j'avais été bouleversée pendant une bonne semaine, durant laquelle je n'avais souhaité voir aucun autre film. Je voulais garder celui-ci en mémoire le plus longtemps possible, m'en imprégner totalement. Je n'avais jamais vu Robin Williams dans un rôle aussi fort, et le destin de Neil Perry m'avait profondément marquée.



Déroulement de l'intrigue

En 1959, l’académie Welton est l’une des institutions scolaires les plus réputées, les plus austères et les plus fermées des Etats-Unis, située dans la campagne du VermontAvec son architecture néogothique, sa fresque de photos d'anciens élèves accrochée en son entrée, ses vieux escaliers, il n'est pas difficile d'imaginer qu'il s'agit d'une école de tradition et de discipline stricte. La devise «Tradition, honneur, discipline, excellence» appuie d'ailleurs cette idée, de même que le discours d'entrée du directeur. 

Cette année-là, un professeur de littérature aux méthodes d'enseignement marginales y fait son entrée : John Keating. Le contraste flagrant entre la rigidité conservatrice de l’académie et la sereine décontraction de John Keating déstabilise rapidement les élèves dans leurs certitudes. 

Le film suit le parcours de quelques élèves. Neil est un élève exemplaire. Doué, dynamique, sociable et généreux, il s'applique à ses études pour ne pas décevoir son père qui voit pour lui un avenir tout tracé. De son côté, Todd est son exacte contraire. Nouveau arrivé, timide et complexé, ce dernier parvient difficilement à se faire une place dans le groupe déjà formé. Mais rapidement, Neil éprouve de l'affection pour lui et décide de le prendre sous son aile et de le faire participer à toutes leurs activités. Le frère aîné de Todd fut un brillant étudiant de Welton. On ne le voit jamais, on ignore son nom, mais sa présence plane dès le début du film. Todd se sent étouffé par ce frère brillant, comme s’il ne possédait pas d’identité propre, et étouffe donc sa propre personnalité. 
Knox quant à lui est le romantique du groupe. Amoureux de Chris, il n'ose pas l'aborder et en souffre. Charlie de son côté, est déjà enclin à la rébellion et l'arrivée de Keating ne fera que donner de la matière à ses idées.
Ce sont globalement des élèves très sérieux mais imaginatifs (ils parviennent à fabriquer en cachette une radio afin de capter une station de rock). 

En enseignant la poésie, Keating désire bien entendu transmettre à ses élèves des notions telles que l’amour de l’art et de la littérature. Il encourage également le refus du conformisme, l'épanouissement des personnalités et le goût de la liberté. En s'appuyant sur la devise qui tient tant à coeur à Keanting : "Carpe Diem - Profite du jour présent", Chris, Knox et Neil vont peu à peu soulever les barrières qui les empêchent de suivre leurs passions.


En fouillant dans les archives de l'école, Neil Perry découvre le dossier de Keating, du temps où ce dernier était élève à Welton. Il apprend par la même occasion l'existence du cercle des poètes disparus. A l'intercours, Neil et les membres du groupe décident d'aller en parler au principal intéressé. Ils apprennent alors que le cercle des poètes disparus était une sorte de société secrète fondée par Keating et ses camarades de classe de l'époque dans le but de mettre en lumière la poésie "de l'ombre", les poètes oubliés ou indésirables de la pédagogie et des convenances. Neil, Knox, Charlie et quelques autres décident de reformer, dans le même secret, ce cercle des poètes disparus. Une manière pour eux d'échapper aux règles qui leur sont imposées au quotidien et de mettre des mots sur ce qu'ils ressentent.




Régulièrement, Neil et ses amis quittent leur lit au milieu de la nuit pour se regrouper dans une caverne en forêt voisine, afin de lire de la poésie. Todd, à la demande de Neil, accepte de les accompagner à condition de ne pas être obligé de prendre la parole. 


Pendant les journées, Keating organise des classes de plein air, des activités sportives afin d'aider ses élèves à ouvrir leur esprit. Les méthodes de Keating sont bien entendu rapidement mal vues par ses supérieurs et les autres professeurs de l'Académie, qui estiment qu'à lui seul, Keating risque de compromettre tout le travail fourni par ses prédécesseurs pour maintenir la discipline et la concentration des élèves. Les mois s'écoulent et le corps enseignant finit par fermer les yeux, forcé de constater que l'enseignement suspicieux de Keating ne montre que des résultats positifs dans l'ensemble.

Effacé, profondément réservé, seul Todd semble s'emmurer dans ses complexes, et demeurer en retrait. Mais Keating est clairvoyantRien de lui échappe, et certainement pas le manque de confiance évident du garçon. Pour lui, son métier c’est aussi pousser chaque élève à s'estimer et découvrir ses propres richesses. 

Neil semble être le plus sensible à l’influence de Keating. Eduqué d’une main de fer par un père autoritaire, Neil n’a aucune échappatoire. Mais lorsqu’il se découvre une passion pour le théâtre et obtient le rôle de Puck dans Le Songe d’une nuit d’été, il décide d'en parler à Keating, qui l'encourage sur cette voie. 

Il n’en est pas de même pour le père de Neil. Découvrant que son fils lui ment, il condamne le garçon à passer le reste de ses études dans une école militaire. Pour Neil, c’est la fin de tous ses rêves. Plutôt que de se soumettre à un destin qui ne lui ressemble pas, il choisit la fuite suprême. 

Dès lors, le destin de Keating est joué. Il est tenu responsable du suicide de Neil, puis renvoyé. Pour le directorat de Welton, cette mort sert d'appui pour renforcer l'idée que toute innovation dans l'enseignement provoque des tragédies. La mort de Neil représente pour Keating même un échec et un profond chagrin. Todd et ses autres camarades sont tout autant bouleversés.

Mais l’enseignement de Keating a porté ses fruits. Le professeur de latin, tout d'abord, décide de changer ses méthodes d’enseignement. Une façon pour lui de montrer son soutien à son collègue. Alors que Keating a fini de récupérer ses effets dans la salle de classe et s’apprête à partir, Todd lance l’adieu en grimpant sur son bureau, défiant l’autorité du directeur pour rendre hommage à celui qui a su le libérer de ses doutes. Cette scène dont est témoin Keating lui montre que son enseignement a laissé une trace positive. Et voici que Knox suit le chemin de Todd, puis d'autres, jusqu’à ce que la moitié de la salle se retrouve debout sur les pupitres, ignorant les cris du directeur qui tente en vain de rétablir l’ordre. Dans les yeux de ces élèves, il y a la certitude que personne ne sera plus en mesure de dicter leur propre destin. 



« Je m’en allai dans les bois parce que je voulais vivre sans hâte. Je voulais vivre intensément et sucer toute la moelle de la vie. Mettre en déroute tout ce qui n’était pas la vie, pour ne pas découvrir, à l’heure de ma mort, que je n’avais pas vécu. » 


Thoreau.

Mon avis sur ce film

Il s'agit de l'un de mes films préférés, pour plusieurs raisons. La première raison a été mon identification immédiate à l'un des personnages : Todd Anderson. D'autre part, j'ai beaucoup aimé cette amitié qui liait ce dernier à Neil Perry. Une personnalité totalement différente de la sienne et qui vient l'appuyer de toutes les manières qu'un ami puisse appuyer un autre ami. 
Neil Perry est LE personnage que j'ai véritablement adoré. En plus d'être touchant, sensible et intelligent, il a la qualité d'être profondément tolérant et attentionné envers les autres, tout en n'hésitant pas à dire avec sincérité ce qui ne va pas chez quelqu'un, dans le seul but d'ôter les barrières qui empêchent cette personne d'être heureuse. Neil Perry représente en quelque sorte l'ami masculin que j'aurais vraiment aimé connaître dans la vraie vie, et la personnalité que j'aurais bien aimé devenir moi-même :) Bien entendu, sa mort dans le film a été un choc, tant inattendue que logique (finalement), et la douleur de Todd et des autres membres du groupe est tellement bien rendue... C'est comme si les autres décidaient d'endosser le rôle de Neil auprès de Todd pour le soutenir dans sa solitude. Cette scène est vraiment belle.


Ensuite, vient le rôle du professeur Keating. Bien entendu, ce personnage ne peut laisser personne indifférent, puisqu'il s'agit en quelques sortes du principal attrait du film. J'avais été habituée jusqu'ici à voir Robin Williams dans les films pour enfants et la grande faculté qu'il a eu à interpréter ce rôle m'a prouvé qu'il était un excellent acteur. Après, je dirais que le professeur marginal, charismatique, qui met l'esprit de ses élèves en éveil est une idée qui avait déjà été mise en scène maintes et maintes fois avant cela.
Un seul bémol : la femme dans ce film (bien évidement quasi inexistante pour bien marquer le système de l'école), est à l'image d'une poupée de porcelaine. Jolie, délicate, naïve... et nunuche. 

Ce qui a vraiment marqué la différence, c'est cette approche de la littérature et de l'Art d'une manière générale. Toute cette trame autour du Cercle des poètes, les références à H D Thoreau et Walt Whitman entre autres, la valeur de la liberté et des idées, étaient bien trouvées et employées avec justesse.

C'est un film fort et délicat dans un même mouvement. Un film qui nous donne un souffle de courage pour s'accrocher à notre vie.



samedi 31 décembre 2011

"Black" de Sanjay Leela Bhansali



Tout a commencé lorsque j'ai déballé un de mes précieux cadeaux de Noël, le film "Miracle en Alabama", qui était accompagné d'un dictionnaire bilingue LSF / français :) Cela fait plusieurs mois maintenant que j'ai décidé d'apprendre la langue des signes en autodidacte... les cours sont trop chers^^. L'une de mes tantes, par conséquent, a souhaité me faire découvrir le film biographique basé sur la véritable histoire d'Helen Keller, une enfant aveugle et sourde qui apprit à s'exprimer par le toucher et à poursuivre des études, pour finalement devenir la première personne sourde diplômée. En 1902, Keller a publié son autobiographie, narrant la manière dont une enseignante exceptionnellement courageuse et tenace, Ann Sullivan, lui a appris à communiquer avec l'extérieur.

J'ai tout simplement adoré ce film, réalisé par Arthur Penn (j'ai fait un lien dans "films à découvrir", colonne de gauche, si vous êtes intéressés...). Par curiosité, je me suis naturellement tournée vers l'autre version connue de cette histoire (bollywoodienne cette fois) : le film "Black" de Sanjay Bhansali.


Michelle McNally naît dans une famille anglo-indienne. A dix-huit mois, un médecin se rend compte qu'elle est aveugle et sourde. C'est ainsi que cette petite fille, pourtant intelligente et débrouillarde, grandit prisonnière d'elle-même, murée dans son silence et dans son obscurité confortable, adoptant un comportement primitif et violent à l'égard de toute personne qui aurait l'idée de venir déstabiliser ses habitudes.
Jusqu'au jour où, l'année de ses huit ans, surgit un précepteur un peu particulier, qui lui se bat contre le démon de l'alcool. C'est un professeur vieux et grincheux. Excellent dans son métier mais un peu excentrique de nature, une partie de son déséquilibre tenant à sa frustration d'avoir échoué avec certains élèves. Un de ses collègues lui trouve un emploi chez des particuliers, après qu'il se soit fait renvoyer de l'école dans laquelle il exerçait.
Il débarque presque ivre dans la maison des parents de Michelle et fait la connaissance de sa nouvelle élève, cachée sous un lit, qu'il oblige à se montrer en lui retirant sa poupée. D'abord attendrit, il fait rapidement les frais de sa rancune. Le jour suivant, il est atterré de découvrir la conduite de la petite fille qui, à table, attrape la nourriture à même les assiettes des convives et se gave comme un animal. Tout cela sous le regard consentant de ses parents.




Debraj Sahai refuse de se laisser dominer par les accès de colère de Michelle et décide de l'éduquer. Ses méthodes rudes, et en particulier sa volonté de s'enfermer seul avec la petite fille dès qu'elle commence une crise, choquent les parents de celle-ci qui menacent de le renvoyer. Mais cet homme a un rêve : donner à la petite l'opportunité, malgré son handicap, de mener une vie normale, en société, l'accompagnant à chaque étape importante, dans ses échecs comme dans ses réussites.



Bollywood ? Lorsqu'on parle de Bollywood, on pense automatiquement aux films romantiques indiens incluant des séquences musicales chantées et dansées. Ce n'est pas du tout le cas ici et pourtant, "Black" est classé dans les meilleurs films du genre. C'est un film de deux heures, sans une seule danse ni chanson. Il n'y a pas 2 Bollywoods différents mais plutôt une évolution du Bollywood comprenant à la fois les traditionnels grands films musicaux spectaculaires, les films de genre, et les films plus intimistes tels que celui-ci.





En guise de première partie, Black reprend les principaux traits du film Miracle en Alabama. Il peut même apparaître comme une pâle copie du film précédent, à l'exception près que le personnage "guide" est un vieil homme bourru et alcoolique et non une jeune femme à l'esprit vif... J'ai pensé très rapidement que j'allais être déçue par cette version, d'autant plus que je trouvais le jeu des acteurs quelques fois un peu exagéré. Mon manque d'enthousiasme fut de courte durée cependant. 
Alors que le film de Penn s'arrêtait à l'ouverture d'une ère nouvelle pour la petite fille qui comprenait enfin le sens des mots qu'elle apprenait à épeler de la main, Black allait plus loin en montrant l'évolution d'une petite fille qui devient jeune femme dans un monde "normal", entrant à l'université grâce à l'éducation de son professeur. Là où Penn décide de s'arrêter sur une ouverture et sur un champ de possibilités assez vastes, Bhansali décide de nous montrer comment se déroule la vie en société lorsque l'on est aveugle et sourd, et de nous montrer un retournement de situation pour le moins inattendu et bouleversant qui m'a singulièrement émue (bon, je l'avoue, j'ai pleuré). Car au-delà de la trame centrée sur l'adaptation de la jeune femme à son environnement hostile, le film aborde également un autre thème : la maladie d'Alzheimer. Un renversement des rôles fait qu'au fur et à mesure que Michelle, l'élève, devient de plus en plus autonome et part à la conquête des diplômes, son maître, lui, se met au contraire à perdre ses capacités et à perdre sa mémoire... La façon progressive de voir fondre ses souvenirs, à petit feu, le fait d'en prendre conscience aux moments les plus simples de la vie courante (comme oublier son chemin, arriver devant un marchand de glaces et soudain ne plus savoir le nom de ce que l'on veut commander...). J'ai trouvé que la maladie était abordée de façon très réaliste et très touchante.


A noter également qu'au lieu d'intégrer un personnage féminin en tant que guide, le réalisateur indien a choisi un instituteur masculin. On pourrait s'étonner de ce choix, alors que pour une fois, la femme tenait un rôle capital et fort dans une histoire, autre que celui d'une mère ou d'une amante... mais le réalisateur a choisi un professeur masculin pour des raisons précises qui ont apporté à cette histoire une touche plutôt romancée (sans qu'il s'agisse véritablement d'une romance puisque cette romance est interdite...). J'ai trouvé cette adaptation en cela intéressante, et particulièrement réussie d'un point de vue esthétique, ce qui ne gâche rien. La musique est magnifique. J'ai beaucoup aimé aussi la jalousie contenue de la soeur de Michelle, Sarah, jusqu'à ce que ce sentiment finisse par exploser au grand jour. Sarah qui, naturellement, passe au second plan face à l'attention générale portée aux progrès considérables de sa soeur.

Ce que je prenais au départ pour un jeu d'acteur un peu trop exagéré s'avérait en fait un style recherché, très fort, en toute sincérité, peut-être propre au style Bollywoodien, je ne saurais dire. Un style à l'inverse de toute subtilité occidentale que je qualifierais de maladive, une subtilité et une pudeur auxquelles je m'étais peut-être trop attachée jusque-là. Au final, cette sincérité des émotions a contribué à rendre ce film particulièrement puissant, surtout sur la fin... 
Et nom de Dieu, qu'elle est belle cette fin ! :')



dimanche 28 août 2011

Toute une ère s'achève...


Toute une ère s'achève...
J'ai été voir le dernier Harry Potter jeudi soir avec Solenne. Et je ne tarderai pas à le revoir pour essayer de mieux savourer et de pouvoir rédiger une critique un peu plus détaillée... Parce-que là, franchement, c'est passé à une vitesse folle sans me laisser le temps de pouvoir apprécier quoi que ce soit, et l'inévitable sentiment de frustration l'a malheureusement emporté sur la beauté des images.

J'ai pu noter quelques points positifs, telle que la musique de Desplat, et cela dès la scène d'ouverture avec le merveilleux Lily's theme ; la photographie et les décors d'une manière générale (très sombres mais somptueux) ; la scène de la fuite de Gringotts à dos de dragon était incroyable. Même si c'est en bonne partie grâce à la musique, les effets spéciaux ont donné à cette scène une ampleur impressionnante, et on s'attache à ce dragon mélancolique comme à un chaton abandonné (je crois que Hagrid à déteint sur moi...).

En revanche, dès que nos trois héros arrivent à Poudlard, les évènements s'enchaînent à vitesse grand V, sans forcément être bien expliqués. Le film est très fidèle au roman, certes, mais on passe un peu du coq à l'âne, sans liaison cohérente, et ça m'a incroyablement gênée. Je crois qu'on a essayé de rendre un film grandiose à la façon Retour du Roi, mais sans y parvenir... c'est le sentiment que j'ai eu en ressortant du cinéma. Ceci étant en bonne partie dû aux démarches militaires de "l'armée" des élèves et des statues allant au combat (ça faisait très hollywoodien et pour le coup, un peu exagéré). L'humour décalé disséminé çà et là dans des moments d'action ou de gravité était malvenu, lourd, superflu. Ça a juste eu pour effet de décrédibiliser l'ensemble d'une manière assez spectaculaire...

Le rythme - définitivement le plus gros défaut de Yates - était une nouvelle fois mal équilibré. On passe de scènes de combats où ça explose un peu partout à des scènes de dialogues interminables dans un calme soporifique (j'ai bien faillis m'endormir à la gare de King's Cross)... Étrangement, je suis la seule pour l'instant a avoir été dérangée par ça, car tous ceux que je connais ayant vu le film l'ont aimé, voire adoré. Je ne sais pas ce qui cloche chez moi, c'est probablement dû au fait que ce soit le dernier, mais je trouve qu'il manque... un truc. Parfois je n'avais pas l'impression de voir un Harry Potter tant certains personnages, comme Ron et Hermione, passent presque inaperçus dans un film axé principalement sur l'allégeance de Rogue et sur la bataille finale entre Harry et Voldemort.
La question que je me pose surtout c'est : pourquoi ne pas avoir fait un film d'une demi-heure plus long, comme pour les précédents ?  Pourquoi s'être arrêté à deux malheureuses petites heures qui sont passées comme un éclair et qui ont fait que des scènes de bataille malheureusement écourtées auraient pu être magistrales, pourquoi se contenter d'aller seulement à l'essentiel alors qu'il s'agissait du tout dernier volet ?

Toute une ère s'achève...

Car oui, l'autre chose à noter tout de même, c'est que cet "essentiel" a bien été pris en compte (*long soupir de gratitude*). De toute façon, comme je l'avais dit précédemment, Yates n'avait pas le droit à l'erreur pour ce fameux passage... et il n'a pas commis cette erreur. Pas celle-ci.

La scène des souvenirs de Rogue était la plus belle du film, à mon goût, et peut-être même de toute la saga. C'est LE chapitre essentiel. La prestation de l'acteur jouant Rogue (dont je suis lassée de devoir faire l'éloge sans arrêt) est époustouflante, criante de vérité, bouleversante. C'est peut-être un des rares acteurs adultes de la saga a avoir pris son rôle au sérieux depuis le début, la plupart des autres donnant l'impression de jouer simplement dans une saga pour enfants dépourvue de toute complexité... Bon, en même temps, il s'agirait apparemment du seul acteur ayant connu depuis le départ les secrets de son personnage, de la bouche de J. K. Rowling elle-même, ce qui peut expliquer les choses.

Tous les sentiments sont en retenue, jusqu'à l'explosion. L'équipe du film a pris des libertés très plaisantes concernant ce passage. Je dirais même que cette scène est rendue encore plus belle dans le film que dans le livre, sans en faire trop... le fait de dévoiler les souvenirs du personnage avec, en voix off, le dialogue Rogue / Dumbledore au sujet de la destiné de Harry était très très bien construit, fluide, et vraiment poignant. Je n'en dis pas plus pour l'instant, si ce n'est qu'il n'y a rien à modifier ni à ajouter, cette scène a juste été époustouflante du début à la fin et je crois que tout le monde a été d'accord sur ce point :)

Bref, de très belles scènes, esthétique sombre et magnifique, mais je suis restée sur ma faim avec le sentiment que Yates a bouclé à la hâte la plus grande saga de cette dernière décennie. C'est dommage. Quoi qu'il en soit, c'est décidé, je vais redécouvrir l'histoire en la lisant cette fois en version anglaise, je crois que ça va me consoler ^^
Cela dit, en le voyant une seconde fois, je pense que ça passera beaucoup mieux. J'avais été très déçue par l'adaptation du troisième volet à l'époque de sa sortie (pour des raisons différentes) et au final, après du recul, c'est devenu mon favoris après l'Ordre du Phénix... alors... qui sait ^^

Toute une ère s'achève...

Harry Potter a été la saga la plus lue au monde. Elle a accompagné toute une génération de passionnés qui ont grandi en même temps que ses personnages et encouragé des millions d'enfants à découvrir et à aimer la lecture. Concernant les adaptations, il y a eu des hauts et des bas, quelques maladresses par rapport aux livres, mais globalement, ce fut une réussite et surtout, l'occasion de mettre en images cet univers incroyable et pourtant si proche de notre propre monde, de donner un visage à chacun de ces personnages exceptionnels, mais également - et il faut le dire - un excellent moyen de donner envie de découvrir les livres eux-mêmes, tout simplement, et de faire ainsi comprendre aux jeunes que malgré la facilité de se plonger dans des images sélectionnées si exceptionnelles soient-elles, rien ne pourra jamais dépasser la richesse et l'impact émotionnel d'un texte original...

Le jeudi 7 juillet au soir, l'équipe technique et la majorité des acteurs se sont retrouvés à Londres pour la toute dernière avant-première mondiale d'un film Harry Potter. L'émotion était au rendez-vous au point de parachèvement symbolique de cette décennie potterienne, comme on peut le voir sur cet extrait. Mais comme l'a dit J. K. Rowling, dès lors que nous nous replongerons dans les livres ou dans les films, Poudlard sera toujours là pour nous accueillir, et l'aventure ne prendra jamais véritablement fin... :')

Toute une ère s'achève...

Black Swan, de Darren Aronofsky


Black Swan, de Darren Aronofsky
En comparaison à la plupart des styles de danses qui existent et que je n'aime pas davantage, la danse classique possède en plus le défaut de casser le corps et l'esprit dans tous les sens du terme. Bien-sûr, c'est un point de vue assez étriqué venant d'une personne qui n'a quasiment jamais mis les pieds dans un club de danse, mais ce n'est pas une discipline qui m'attire... Même lorsque j'observe les ballets quelques fois, je ne ressens que le côté surjoué et superficiel des interprétations.
 
Pourquoi diable parle-t-elle de danse alors, direz-vous ? Tout simplement parce-que c'est l'univers qui englobe l'intrigue poignante du dernier film en date de Darren Aronofsky :Black Swan, une sorte de remake du Lac des Cygnes, en mettant fortement l'accent sur la psychologie d'une ballerine, qui est le personnage clé de l'histoire. Je suis allée le voir mercredi soir, dans une salle comble, et j'en suis ressortie assez bouleversée, tout comme je l'avais été après avoir vu The Fountain, du même réalisateur.
 
Le film débute par un rêve. Celui de l'héroïne, Nina, (jouée par Natalie Portman) qui interprète dans ce rêve la reine des cygnes, toute de blanc vêtue, innocente, fragile et apeurée par un esprit sombre. La jeune femme se réveille et le spectateur découvre une chambre rose remplie de peluches. Après avoir souhaité une bonne journée à sa mère célibataire, la jeune femme se rend à son audition et obtient le rôle principal du Lac des Cygnes. On devine d'ors et déjà, après cette entrée en matière, que le film va amorcer un bouleversement autour du tempérament de cette ballerine, à qui la mère a préparé le soir même un énorme gâteau congratulant la performance de sa fille chérie d'une vingtaine d'années bien avancée.

L'ambiance du film est équivoque à ce que son titre nous inspire, voire même proche de l'épouvante pour certains passages. Les seules couleurs dont je me souviens sont celles présentes dans cette fameuse chambre digne d'une princesse qui se plait à vouloir respousser les réalités de la vie des jeunes adultes.

Black Swan, de Darren Aronofsky

Même si le maître de ballet, Thomas Leroy (joué par Vincent Cassel) perçoit immédiatement en Nina le cygne blanc, pur et fragile, il sait qu'elle ne parvient pas à faire ressortir son côté plus relâché et spontané, enfermée par sa timidité et son propre soucis de perfection, alors que c'est un trait essentiel pour faire ressentir la double personnalité du cygne qu'elle doit interpréter. Après l'audition, il la met alors en garde contre son obsession du contrôle et provoque sa sensualité. Malgré cela, Nina n'a pas le courage de se libérer de sa fierté
. Son état d'esprit va cependant changer le jour où arrive une nouvelle danseuse, Lily. Cette dernière, aussi sensuelle et libérée que Nina peut être coincée, posséde beaucoup de charme et d'impétuosité dans son style et attire inévitablement l'intérêt du maître, et l'hostilité de Nina, qui imagine très bien la jeune femme lui voler son rôle. 

Leroy joue alors de ce sentiment de jalousie en faisant pression sur Nina. Il l'oblige à lâcher prise et à accepter l'impudeur et la spontanéité du cygne noir. Et cette confrontation entre ces deux extrêmes de sa personnalité mènera peut à peut Nina à la folie. Elle sait qu'elle doit devenir Lily pour interpréter le cygne, et pour séduire son chorégraphe. L'éducation de Nina inclue la découverte de sa sexualité, qui la guide vers la découverte de son corps et de son véritable potentiel. Nina se retrouve hantée par son rôle et par une présence bien plus sombre qui cherche par tous les moyens à s'extérioriser de façon progressive. Cette présence se représente tantôt sous ses propres traits, tantôt sous les traits de Lily. L'abandon tardif de l'enfance va chambouler la relation entre Nina et sa mère d'une façon violente.

Black Swan, de Darren Aronofsky

L'un des principaux attraits du film est bien évidemment la fabuleuse interprétation de Natalie Portman qui explose littéralement dans un registre particulièrement difficile. Cela dit, après sa prestation dans V pour Vendetta qui ne m'avait pas laissée indifférente, je ne pouvais être que passablement surprise ^^.
Ensuite vient l'esthétique. Une atmosphère oppressante et angoissante, dans un quotidien New-Yorkais froid et distant, mais l'ensemble est sensiblement et artistiquement très beau, très sensuel également. Sans parler de la beauté des costumes et du maquillage.
J'ai également beaucoup aimé la façon d'approcher le ballet classique et le cadre très fermé et impitoyable que ce milieu impose aux jeunes filles. Et pour finir, la musique, à la fois berçante, torturante, avec l'innocente de Nina qui se ressent dans chaque note... une partition toujours signée par Clint Mansell, avec bien-sûr, la reprise du célèbre thème de Tchaikovsky. La scène finale, avec le thème musical, la lumière des projecteurs, le maquillage et la pousse des ailes noires sur les bras de Nina, restera longtemps dans ma mémoire.



J'ai beaucoup aimé ce film (la ressemblance assez troublante entre ma propre personnalité et celle de l'héroïne y est sans doute pour quelque chose^^). Je l'ai trouvé envoûtant, bien qu'il suscite le malaise du début à la fin. Je n'ai pas décroché un seul instant. L'atmosphère est très lourde et les émotions très chargées. Ce film aborde la fin de l'innocence... et l'une des conséquences possibles lorsque cela est fait de façon trop brusque sur un esprit fragile. Chacun interprète la fin du film à sa manière bien-sûr, et c'est ce que j'aime également =) Il n'y a qu'un bémol que je pourrais relever : je n'ai pas trouvé l'intérêt du gore et du côté un peu film d'horreur, j'ai trouvé qu'il n'apportait rien et que la tourmente de l'héroïne aurait pu être mise en évidence d'une autre façon sans avoir recourt à cette approche. On tombe un peu dans le cliché de la schizophrénie agressive et incontrôlable.... Malgré cela, la subtilité ressort, en bonne partie grâce à la finesse du scénario et à la profondeur des personnages. Un nouveau podium pour le grand Aronofsky qui s'inscrit dorénavant dans ma liste de réalisateurs favoris.

Black Swan, de Darren Aronofsky

La Communauté de l'anneau, de Peter Jackson


La Communauté de l'anneau
Mieux vaut tard que jamais, en préférant attendre un peu que le phénomène se calme ^^. Que serait ce blog sans parler de l'une de ses principales sources d'inspiration ? Je veux bien-sûr parler du film que l'on ne présente plus. Pour ma part, je m'arrêterai pour l'instant au premier volet, qui a toujours été mon préféré. La Communauté de l'Anneau est certainement le film le plus "fantastique" de la trilogie. N'ayant pas réussi à lire le livre en entier, il me sera impossible de faire de comparaison, mais j'ai une préférence pour ce présent volet au niveau cinématographique pour ce qu'il exprime, pour la magie qui s'en dégage, pour la découverte de ce monde, de toutes ces races, leurs contrées, leurs cultures... Si le livre de Tolkien possédait une aussi grande puissance, c'était en bonne partie parce qu'il avait su recréer tout un monde, créer ses propres langues, une histoire pour chaque race de la Terre du Milieu, qui ont des rapports profonds et cohérents.

La Communauté de l'anneauL'histoire débute le plus paisiblement du monde, dans la verdoyante Comté des insouciants et bons vivants petits Hobbits. Sur une musique légère composée par l'incroyable Howard Shore (il y aurait tant à dire sur lui seul), nous sommes plongés en pleine nature dès l'instant où le personnage principal est appelé par son oncle Bilbon. Dès cet instant, je savais que le film me plairait. Chaque détail avait son importance, avec un souci de perfection, sans précédent dans ce qu'il m'avait été donné de voir jusqu'à présent au cinéma. Les maisons des Hobbits, les paysages ! Je l'ai su dès cet instant, je l'ai ressenti, ce film allait changer ma vie...  Seuls de véritables passionnés auraient pu recréer un tel univers, et cette passion a été contagieuse. La Terre du Milieu était là, sous mes yeux, elle m'aspirait, elle partageait sa culture à part entière. Elle en est devenue réelle, palpable par la richesse de ses détails. La seule autre fois où j'ai eu ce sentiment de pouvoir toucher du bout des doigts un univers fictif a été lorsque j'ai lu Harry Potter. C'est bien simple, sans avoir découvert ces deux univers d'une richesse incroyable pour l'un comme pour l'autre, jamais je n'aurais trouvé l'inspiration ni même la volonté de créer ce blog :) 

J'ai préféré ce premier volet de la saga pour la Comté, pour Fondcombe, pour la forêt de Lothlorien, pour les plus beaux décors jamais vus au cinéma tout simplement, mais aussi pour tous les personnages réunis, les plus charismatiques, pour le calme et la douceur avant la grande guerre... Lorsque l'on arrive à Fondcombe, on découvre cette demeure immense et enchanteresse, construite de bois et embrassant la nature luxuriante : forêt aux couleurs d'automne avec leurs feuilles tombant avec grâce, ces cascades tombant le long des falaises, ces ponts enjambant des rivières calmes, ces chants mélodieux d'oiseaux, cette paix... C'était au-delà de tout ce que j'avais pu imaginer lorsque mon frère m'en avait parlé.

La Communauté de l'anneau
D'autres lieux m'ont émerveillée, comme la Moria, la demeure des nains. S'y sont déroulées plusieurs séquences que j'ai trouvé magnifiques, accompagnées d'une musique d'une beauté à faire monter les larmes aux yeux. Un endroit dévasté aussi beau qu'une cathédrale, qui dégage une puissance et un mystère incroyables. L'arrivée du Balrog est filmée de façon superbe, de même que la scène où Gandalf tombe, le regard d'Aragorn, le ralentit... Puis, cette scène magnifique, merveilleuse, lorsque la communauté se rend dans la forêt de l'elfe Galadriel. Ces troncs d'arbres immenses, ces escaliers surplombés d'arches qui luisent d'une lumière argentée... C'est le plus beau décor que j'ai jamais vu, mon univers idéal que j'avais déjà façonné dans ma propre tête depuis longtemps sans jamais être parvenue à le mettre réellement en image dans ma propre imagination. C'était un rêve, j'en avais eu des frissons de pouvoir mettre des images sur ce que j'avais imaginé, un peu comme si c'était moi qui avait écrit cette scène :)La magie des elfes est palpable et nous emporte dans un monde où seule la beauté, fascinante mais aussi dangereuse, continue de dicter sa loi. Un monde où le temps s'arrête.

Beaucoup ont dit que la Communauté de l'Anneau n'était qu'une suite répétitive de scènes de combats, tout en affirmant que le film manquait de scènes d'action... Gné ? O_o... Pour ma part, je n'attends pas du Seigneur des Anneaux d'être absorbée dans des scènes d'action. Il y a de nombreuses séquences de combat qui rendent également le film grandiose, certes, mais ça n'est pas ce que l'on retient le plus. C'est le monde, les créatures qui le peuplent, les cultures, les façons différentes d'aborder les évènements et les idées selon les cultures... Tel un véritable peuple, avec ses accords et ses différents. C'est une ouverture. De même, la qualité apportée à la création de toutes ces créatures est impressionnante : qu'il s'agisse des Nazguls, des orques, du Balrog, ils sont tous parfaitement soignés. Les effets spéciaux sont fluides, rendant l'univers parfaitement réaliste, même si quelques uns sentent un peu trop le numérique, ou qu'une partie du décor peut sembler un peu trop « recollée ». Mais ce ne sont que de petits détails qui se noient dans la perfection générale.
 
La Communauté de l'anneau
La richesse du film vient aussi du soin accordé aux personnages, dans une volonté de les rendre crédibles, non stéréotypés. Ian McKellen est un Gandald dont la puissance magique se dégage de façon impressionnante dès l'instant où nos yeux se posent sur lui, il est à la fois généreux, sage, bougon. Viggo Mortensen incarne Aragorn à la perfection, le guide protecteur de la Communauté après la "mort" de Gandalf. Il est parfait. Elijah Wood, en Frodon toujours hésitant et timide. J'étais amoureuse de lui en 2001, mais au final, c'est peut-être un de ceux qui en font un peu trop dans leur jeu. Mais Frodon est le personnage qui permet au spectateur d'entrer dans l'histoire et dans la Terre du Milieu. Tout comme nous, il découvre avec ses grands yeux (bleus^^) les lieux dans lesquels nous nous trouvons projetés. Quant à Gimli et Legolas, leur relation fonctionne parfaitement, ils apportent de l'humour, tout en dégageant beaucoup de charisme, chacun à leur manière. Sans parler d'Elrond, d'Arwen, de Pippin, de Sam... Ils sont tous très bons. Le film échappe aux clichés hollywoodiens et réussit avec habileté à mélanger la trame principale (la quête de l'Anneau) et les trames secondaires (le choix d'Aragorn, celui de Frodon, l'évolution de Boromir, les sacrifices de chaque personnage). En parallèle, beaucoup de thèmes ont été abordés, comme l'écologie, l'amitié et l'entente nécessaire entre les peuples, le sacrifice, la lutte contre la fatalité, l'amour.




Au final, l'alliance entre les décors magnifiques, la musique incroyable, les personnages, les séquences d'action magnifiquement menées et une mise en scène dont chaque plan respire la passion du détail et de l'univers fait de La Communauté de l'Anneau un film tout simplement merveilleux, émouvant et puissant. A la fin du film, on a les larmes aux yeux, non seulement pour la mort de Boromir et pour le choix de Sam, mais aussi pour avoir vu probablement ce qu'il y avait de plus Beau à voir au cinéma... On en ressort ébahis. La Terre du Milieu ne nous quitte plus, elle fait partie de nous, et on n'a qu'une envie : nous y replonger encore et encore, jusqu'à s'y perdre.
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